Une invitation à la découverte !

Le COLLECTIF F+ rassemble plusieurs acteurs culturels autour de la question des musiques alternatives. Partant du constat que les médias traditionnels nous inondent les oreilles de musiques
formatées et « formatantes », le COLLECTIF F+ entend élargir le spectre musical dʼun maximum de monde au travers dʼactions et dʼactivités diverses !

ACTIONS DU COLLECTIF F +

  • Des concerts
- Au PointCulture
- Dans l’espace public louvaniste
- Dans les écuries de la Ferme du Biéreau
- Chez Taille 33
- …
  • Une brochure interactive
  • Des capsules vidéo
  • Une playlist de découvertes
  • Le festival "La Ferme !!!" : programmation alternative, indépendante et internationale, le festival brasse les styles pour naviguer entre math-rock, nu-folk, post-rock, post-pop ou autre nom composé alambiqué synonyme de recherche musicale artistique forte !
  • Des sorties dans l’espace public
... et bien d’autres !

Pour prolonger la découverte

Découvrez ce que représente le concept de musique alternative, des pistes et des coups de coeur au travers du regard :

  • 1/ D'artistes - BRNS - René Binamé - Electric)noise(Machine
  • 2/ De professionnels - Magasin 4 - Black Basset Records - PointCulture
  • 3/ Du public
S’il ne fallait garder qu’un mot, on parlerait de musique "autre", voire de musique "autrement". À l’origine, cela désignait plutôt une mouvance artistique musicale qui tenait à se démarquer de l’habituel, de ce que les médias avaient généralement tendance à proposer.

Nous, le Collectif F+, élargissons cette définition pour pouvoir y intégrer une vision alternative plus globale.

On peut y retrouver :
Une musique artistiquement nouvelle, originale, dans sa forme, dans son fond
De Sigur Rós qui chante dans une langue imaginaire, à Battles qui se joue des rythmiques habituelles, en passant par Godspeed You! Black Emperor qui prend une vingtaine de minutes par morceau…

Une musique socialement engagée et/ou indépendante
De Nirvana qui rejetait (entre autres) la théâtralité, aux Sex Pistols qui s’opposaient à l’institutionnalisation du rock populaire, en passant par Noir Désir qui dénonçait la mondialisation capitaliste…

Une musique exprimée différemment
De U2 qui a proposé une tournée sur une scène à 360 degrés, à La Colonie de Vacances qui propose 4 groupes en concert simultané dans les 4 coins d’une salle, en passant par ces soirées Silent Disco qui regroupent des milliers de personnes qui écoutent de la musique au casque…

Et Un festival...

Les BONS PLANS

L’idée est d’ici répertorier une série de liens qui nous permettent d’aller plus loin dans la découverte de musique alternative. N’hésitez pas à nous faire part de vos idées en envoyant un mail à j.buscarlet@ccbw.be :
  • 1. Les blogs / magazines
www.goutemesdisques.com/accueil
http://alternativesound.musicblog.fr
www.blogotheque.net
www.pitchfork.com
www.gonzai.com
www.perteetfracas.org
www.the-drone.com
rholala.com
www.alternative-musique.com
www.hearya.com
www.shootmeagain.com
  • 2. Les applications
Band of the Day
Discovr
  • 3. Les reportages
http://download.arteradio.com/sons/24noise_hq_fr.mp3

Quelques albums fondateurs et/ou
représentatifs

  • Glenn Gould, L’Art de la fugue de Bach
Dans cet album, le pianiste Glenn Gould bouscule toutes les conventions en interprétant L’Art de la fugue de Bach, un tube dans le répertoire de la musique classique, staccato et sans pédale. Peut-être avec une envie de choquer, de déstabiliser, de faire découvrir l’oeuvre autrement.

  • Slint, Spiderland
Sorti en 1991, cet opus stigmatise les évolutions musicales à venir dont on retrouvera des traces via des membres du groupe jusque chez King Kong et Palace Brothers, marquant des formations aussi essentielles que June of 44, Sebadoh, The For Carnation, The Sea and Cake, Salaryman, Yo La Tengo, etc. Les fulgurances soniques se conjuguent non sans violence mais de façon intériorisée, tout en tension retenue, développent clairement les racines du mouvement post-rock et ouvrent la voie à tout un mouvement.

  • Nirvana, Nevermind
Véritable phénomène des années 1990, il marque le retour des guitares saturées dans la musique pour toute la décennie. Avec son énorme succès commercial inattendu, Nevermind aura décomplexé toute une génération de musiciens en herbe et ouvert la voie à des mouvements
musicaux et des groupes moins axés sur la technique mais plus sur la spontanéité.

  • Sonic Youth, Daydream Nation
Le premier double album officiel du groupe et le dernier avant d’être signé sur une major, Daydream Nation a été un succès critique qui a valu à Sonic Youth une reconnaissance énorme et l’opportunité de signer chez Geffen (Universal). Cet album est largement considéré comme étant leur meilleur et comme étant une influence sur les styles indie et alternatif. Il a même été choisi par la Bibliothèque du Congrès pour être conservé dans le Registre National des Enregistrements des États-Unis en 2005.

  • The Ex, 30 Years of The Ex
The Ex est un groupe néerlandais de post-punk expérimental formé en 1979 et basé à Amsterdam. À l’origine punk et anarchiste, le groupe a évolué et exploré bien d’autres horizons ( jazz, musique improvisée, musique africaine, noise rock ) grâce, notamment, à ses multiples collaborations. Il restera néanmoins fortement engagé politiquement, après 28 ans de carrière, quelque 1250 concerts dans l’Europe entière et plus de 20 albums. The Ex est continuellement en développement, et toujours ouvert à de nouvelles idées et collaborations. Des groupes comme Sonic Youth ou encore Fugazi les considèrent comme une influence majeure.

  • Beastie Boys, Ill Communication
Pour cet opus sorti en 1994 mélangeant hip-hop, punk rock et sonorités plus jazz, les Beastie Boys ont fait appel à des invités comme Eric Bobo, Dave Navarro et des moines tibétains. Ce crossover particulièrement réussi ouvrait la voie au mélange des genres à une époque où les styles musicaux étaient encore fort segmentés.

  • A Perfect Circle, Thirteenth Steps
Un album qui illustre bien la mouvance alternative dans ce qu’elle a de complexe et profond. Ici, pas de structure couplet/ refrain/couplet mais une recherche dans le son, le rythme, la voix qui accompagne le tout et une variété infinie dans la composition de l’album.

  • Radiohead, Kid A
Ce 4e album de Radiohead a été considéré comme le meilleur album de la décennie 2000- 2010, tous styles confondus, par les magazines Pitchfork et Rolling Stone. Alors que les albums précédents restaient dans un style rock alternatif (comme leur fameux OK Computer), Kid A marque un tournant impressionnant dans la carrière du groupe avec un style résolument plus electro, psychédélique et surtout expérimental. Dans cet album, les guitares ont quasiment disparu au profit de synthétiseurs et de sampleurs. Ce revirement de direction, alors qu’ils étaient au faîte de leur gloire avec OK Computer, a pu dérouter certains fans mais a majoritairement valu à Kid A une reconnaissance comme véritable chef-d’oeuvre !

  • Suicide, Suicide
Avec des orgues (surtout un Farfi sa) synthétiseurs et une boîte à rythmes, Martin Rev crée une musique au rythme binaire, cahotante et répétitive à laquelle se mêlent les cris et feulements d’Alan Vega. Par son originalité, son avant-garde punk, des prestations scéniques et ses utilisations très rock ‘n’ roll des machines, le groupe infl uencera la new wave et le punk. Bien que Suicide n’ait jamais connu de véritables succès en termes commerciaux, le premier album du même nom est devenu une référence. Certains disent qu’à chaque fois que le disque passait, un groupe se formait.

  • Animal Collective, Merriweather Post Pavilion
Animal Collective, c’est de l’expérimental à l’état pur. Impossible de classer ce groupe dans une case précise tant les sons sortant de leurs albums sont variés, foisonnants, mêlant voix, electro, percussions et une infinité d’autres choses indescriptibles.

  • Joy Division, Unknown Pleasures
Premier album du groupe de Manchester, il sera le seul à sortir du vivant de son chanteur, Ian Curtis, qui s’est suicidé à l’âge de 23 ans. Inscrit dans les mouvances new wave et post-punk, il est considéré comme l’un des initiateurs de la cold wave. Suite au décès de Curtis, dont la voix emblématique a teinté les compositions du groupe, les trois membres restants ont formé New Order avec Gillian Gilbert.

  • Pixies, Doolittle
Doolittle est le deuxième album du groupe de rock alternatif américain Pixies, sorti en avril 1989 sur le label 4AD. L’atmosphère sombre du disque, ses multiples références au surréalisme, aux histoires tirées de l’Ancien Testament, à la mort et à la torture, contrastent avec une production propre et séduisante. L’album a été cité comme une grande source d’inspiration par de nombreux artistes du courant alternatif, tandis que de nombreuses revues musicales l’ont classé parmi les meilleurs disques de tous les temps.
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VISIONS DE JOURNALISTES

INTERVIEW CROISÉE

NICOLAS ALSTEEN & SYLVESTRE DEFONTAINE

Nicolas Alsteen est chroniqueur dans les magazines RifRaf et Larsen.
Sylvestre Defontaine est journaliste radio, il anime l’émission indie et alternative DrugStore sur PureFm.

NICOLAS : "Sylvestre, comment perçois-tu la notion même de musique alternative?"

SYLVESTRE : "J’ai passé mon adolescence dans les années 1990 et, partant de là, la musique alternative pour moi, c’est Nirvana. C’est vraiment la première chose qui me vient à l’esprit quand j’y songe. Je pense aussi à MTV et ses deux émissions phares: 120 Minutes et Alternative Nation. C’était l’époque où l’on pouvait mater les clips de Hole, Grandaddy et de tous les ambassadeurs de la vague grunge à la télé. Ça, bien sûr, c’est une vision purement émotionnelle. Si j’essaie de rationnaliser un peu tout ça, par définition, il s’agit avant tout d’une musique qui est autre, différente, de ce qu’on appelle communément la musique "mainstream". C’est donc une autre façon de voir les choses dans des genres aussi variés que le jazz, le rock, le rap ou l’electro. Aujourd’hui, il est intéressant de noter que certains artistes se situent au carrefour de la culture alternative et de son pendant grand public. Un groupe comme Radiohead, par exemple, constitue à mes yeux un projet alternatif et « mainstream ». Au fil du temps, la musique alternative a imposé sa marque de fabrique. Désormais, on peut clairement parler d’un son alternatif. Mais dans ce domaine, il y autant de définitions que de fans de musique. Quelle est ta vision ?"

NICOLAS : "Tout dépend de l’échelle sur laquelle on se place. Du degré de "nerditude". Dans la vie, tu trouveras toujours quelqu’un de plus alternatif que toi. La musique alternative, c’est un trou sans fond, un truc absolu. A la base, ce genre de musique s’adressait à un public de niche. Mais avec l’émergence des réseaux sociaux, on a assisté à une véritable démocratisation, à une explosion des chapelles et souschapelles. Aujourd’hui, ces cases et sous-cases musicales enregistrent de plus en en plus d’adhérents. À côté de ça, dans la musique alternative actuelle, on rencontre de nombreux projets hybrides. BRNS, par exemple, peut être programmé par une chaîne plutôt grand public comme La Première et intéresser aussi des fans de musiques pointues : des gens qui n’écoutent jamais la radio."

SYLVESTRE : "La radio reste donc un des canaux de découverte de ce genre de musique … "

NICOLAS : "En tout cas, j’ai commencé à m’y intéresser par ce biais-là. Via Radio 21, notamment. Quand j’étais gamin, j’écoutais également Fun Radio. A l’époque, c’était un vrai pourvoyeur de musiques alternatives. Aujourd’hui, je me branche encore régulièrement sur l’émission "Duyster" de StuBru. Outre les sites internet spécialisés comme Pitchfork, Gorilla vs Bear ou le belge Hello Play !, je parcours chaque mois la presse spécialisée francophone ou anglo-saxonne. Je n’oublie pas non plus le RifRaf qui m’a permis de découvrir un nombre incalculable de projets alternatifs. Et aujourd’hui, je collabore à cette publication… J’aime bien l’idée. C’est comme poursuivre une histoire. Je continue à fréquenter les magasins de disques aussi. Je ne rate jamais la liste des sorties d’Other Music, une échoppe de New York qui référence toutes les nouveautés sur son site web. Je prends aussi le pouls des disquaires. Ça reste une relation importante. Pour moi, les musiques alternatives jouent d’ailleurs un rôle de catalyseur social. Regarder la programmation de ses salles de concerts favorites est également une bonne façon d’étoffer ses connaissances. Et bien sûr, il y a les festivals avec quelques grands aiguilleurs de tendances en Europe comme Eurosonic, Primavera Sound, Glimps ou Le GuessWho? "

SYLVESTRE : "Je fonctionne sensiblement de la même manière. J’ai sans doute développé une vision un peu romantique de la chose... Je ne suis pas un adepte du "C’était mieux avant" mais, par le passé, le côté chasseur de trésors était sensiblement plus développé qu’aujourd’hui. Pour rappel, je viens quand même d’une époque où il n’y avait ni téléphone portable ni internet : un autre siècle. À l’époque, la seule façon de découvrir de la musique alternative en dehors de MTV et de quelques émissions radio, c’était d’aller traîner dans les magasins de disques. L’autre solution, c’était d’acheter des magazines spécialisés ou se procurer des fanzines comme le MoFo ou le RifRaf. Tout ça reposait donc sur une démarche active, une recherche effrénée de la nouveauté. J’ai également passé de longues heures à la Médiathèque et compilé des morceaux sur des cassettes audio."