Des 4 coins du Burundi: les jeunes se mobilisent pour le volontariat...

Le 9 avril dernier, l’unité de terrain du programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) s’est rendue à Gitega, la deuxième ville du pays, située au centre du Burundi, pour participer à une conférence nationale sur la jeunesse qui rassemblait des jeunes issus des quatre coins du pays. De Bujumbura Mairie à Makamba, Bubanza en passant par Kayanza, Ngozi et Gitega tous s’étaient mobilisés pour venir partager leurs idées, raconter leurs histoires et réfléchir ensemble au devenir des jeunes au Burundi. Cette conférence de 3 jours était organisée par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, et appuyée par l’Agence norvégienne pour la Coopération et le Développement, NORAD.

La journée étant divisée en plusieurs panels de discussions, notre intérêt était concentré principalement sur le panel intitulé «Comment encourager et mobiliser les jeunes à s’engager dans des initiatives de volontariat local et international». Composé d’une trentaine de participants ce panel était facilité par Fiona Gateka, l’un des nombreux membres des Guides du Burundi présents à l’événement, et Simone Beccaria, Chargé du Programme VNU.
Divisés en petits groupes, armés de grandes feuilles blanches, de marqueurs et d’un enthousiasme hors normes, les participants ont échangé sur les obstacles mais aussi sur les avantages, les opportunités et les contraintes du volontariat au Burundi. Selon les participants, les concepts de volontariat et d’engagement citoyen demeurent encore aujourd’hui très complexes et nuancés; il n’y a pas de culture partagée du “volontariat” au Burundi, une situation rendue d’autant plus difficile par le manque d’informations et d’outils de communication disponibles sur le sujet. Cet accès limité aux ressources se voit aussi fragilisé par une réceptivité des institutions publiques qui doit encore se consolider et une difficulté de compréhension de l’engagement volontaire de la part de l’entourage, qui souvent voit dans le volontariat des fausses promesses pour la famille. Mais le blocage existe aussi au niveau du système éducatif et du marché du travail, qui ne reconnaît pas encore le volontariat comme une expérience concrète pouvant favoriser l’employabilité des jeunes. Cependant, ces constats n’ont pas réduit l’enthousiasme et la volonté de changement des jeunes participants, qui ont suggéré à l’unanimité des solutions et un plan d’action:

“[...] il faut que tous ensemble nous joignons nos efforts pour sensibiliser les autorités, la population et les parents, les médias et la presse locale; que nous réfléchissions à une codification légale du volontariat, à l’organisation d’une conférence publique sur le système de volontariat national et que nous formions un réseau central de volontaires pour faciliter les synergies, les informations et le partage d’expériences pour avoir plus de poids.”
Depuis 2011 le Programme VNU et le PNUD travaillent de concert avec le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture pour mettre en place un projet conjoint chargé de poser un cadre légal pour le volontariat au Burundi, de créer un “corps de jeunes volontaires” et de mettre en place des actions et mesures pour “créer une culture partagée du volontariat” et favoriser l’engagement civique et l’employabilité des jeunes. Ce projet intitulé “Programme National de Volontariat des Jeunes (PNVJ)” a été formulé et approuvé fin 2012 par le Ministère de la Jeunesse, avec l’appui du Programme VNU et en consultation avec la société civile, les organisations nationales et internationales et les acteurs du développement au Burundi. Le projet conjoint MJSC, PNUD et VNU est actuellement en phase de signature et démarrage.
Alors que cette Conférence Nationale sur la Jeunesse a favorisé des discussions libres et non guidées, il est très intéressant de constater que la plupart des arguments lancés par les participants reprenaient fidèlement les différentes éléments et actions qui composent le Programme National de Volontariat des Jeunes (PNVJ) réaffirmant ainsi la cohérence, le bien fondé et l’urgence d’un tel programme.